Burnout : Guide d'aide à la prévention (3/4) Comment agir ?
- Actnbe

- 26 janv. 2017
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 10 déc. 2019
Cet article regroupe des extraits du guide "Le syndrome d'épuisement professionnel ou burnout". Auteurs : INRS, Anact, DGT.

COMMENT AGIR AVANT QUE LE BURNOUT NE S'INSTALLE
Prévenir le burnout en agissant sur les facteurs de RPS
L'entreprise, la structure privée ou publique peut, de manière très opérationnelle, prévenir le burnout en intégrant les six familles de facteurs de RPS dans sa démarche d'évaluation et de prévention des risques professionnels.
Informer et former les travailleurs : en suivant des formations sur la prévention des RPS, incluant le burnout, les collaborateurs peuvent le cas échéant faire le parallèle avec la situation d'un de leurs collègues ou de leurs responsables.
Veiller à la charge de travail de chacun : Le facteur de RPS le plus déterminant dans un syndrome d'épuisement professionnel est celui associé à la surcharge de travail. C'est le point sur lequel les acteurs de l'entreprise, et tout particulièrement l'employeur, doivent être le plus vigilants.
Garantir un soutien social solide : éviter les postes de travail isolés (voire créer des groupes de pairs par exemple), fluidifier le contact entre travailleurs et responsable direct (faciliter l'intervention de ce dernier sur une décision à arbitrer par exemple), faciliter les pauses collectives et les moments de convivialité qui permettent de renforcer l'identité d'un service ou d'une équipe.
Donner des marges de manoeuvre : responsabiliser le travailleur est pour ce dernier un signe de reconnaissance pour le travail qu'il accomplit et une preuve qu'il a toute sa place dans le fonctionnement de l'entreprise.
Assurer une juste reconnaissance du travail : le burnout est lié à un déséquilibre fort entre les contraintes et les ressources de l'individu. La reconnaissance contribuant aux ressources qu'il peut mobiliser, le travailleur ne doit pas avoir le sentiment d'un manque de réciprocité entre ce qu'il investit dans son activité professionnelle et ce qu'il reçoit en retour, notamment au regard de ce que donnent et reçoivent en retour ses collègues.
Discuter des critères de qualité du travail : il s'agit pour l'entreprise d'assurer un dialogue entre travailleurs et encadrant sur ce que signifie un travail bien fait, compte tenu des contraintes qui s'imposent à chacun, pour établir, par exemple, des règles ou des repères communs propres à chaque métier. C'est grâce à la reconnaissance d'autrui (sur un travail bien accompli) que le travailleur peut se reconnaître dans ce qu'il fait au travail. Son engagement et sa motivation sont ainsi stimulés et renforcés par la reconnaissance qu'il peut recevoir de son entourage professionnel.
Prévenir le burnout en "dépistant"
Les services de ressources humaines, l'encadrement, les services de santé au travail ont, de par leur positionnement et leurs missions, un rôle de prévention à jouer, en termes de dépistage, en s'appuyant sur un ensemble de signaux tant individuels que collectifs.
Analyse des signaux collectifs pouvant traduire l'existence de RPS : absentéisme, "présentéisme", les causes de départs (démissions, demandes de mutation, licenciement pour inaptitude, etc.), les postes non pourvus, détérioration de la qualité des produits ou service, actions conduite par le CHSCT, procédures judiciaires en cours, nombre de visite spontanée à la médecine du travail, inaptitude totale ou partielle, fréquence et gravité des accidents de travail, etc.
Analyse des signaux individuels : le salarié se plaint-il de manquer d'énergie pour accomplir son travail ? est-il facilement irritable? dévalorise-t-il le travail qu'il accomplit ? manifeste-t-il des signes inhabituels de désinvestissement ? etc.)
Utilisation complémentaire des questionnaires de type MBI (Maslach Burnout Inventory) ou CBI (Copenhagen Burnout Inventory).
Sensibilisation et information sur les effets du stress au travail et du burnout, notamment afin de savoir reconnaître les premiers signaux d'alerte et de pouvoir orienter le travailleur exprimant un mal-être ou des difficultés dans son travail.
COMMENT REAGIR FACE AU BURNOUT
La prise en charge d'un travailleur en burnout ou épuisement professionnel est à adapter selon la sévérité des symptômes associés. Elle se fait en plusieurs temps, incluant le plus souvent un temps d'arrêt de travail, permettant successivement :
le repos
la reconstruction identitaire
la réflexion et la renaissance du désir de travailler
la possibilité de retour au travail
Au niveau collectif, la survenue d'un cas de burnout doit alerter l'entreprise et la conduire à mettre en place une démarche collective de prévention.
COMMENT AGIR APRES LE RETOUR EN ENTREPRISE
Le désir de retour à l'emploi, pour qu'il puisse exister et se traduise dans les faits, doit être favorisé par l'environnement personnel et professionnel, en ménageant un espace et un temps intermédiaires sécurisants qui permettent à l'individu de se reconstruire une identité professionnelle "bousculée" par l'épisode d'épuisement.
Avec le temps, la personne a pu perdre une partie du sens qu'elle accordait à son travail. Le burnout peut donc constituer une étape de réflexion sur le sens que la personne donne à son travail et sur ce qui est important à ses yeux. Sur cette base, un nouveau projet professionnel peut se construire.
Les personnes ayant connu une situation de burnout éprouvent généralement des craintes et des incertitudes : peur de se retrouver confrontées à un travail qu'elles ne pourraient accomplir, au regard des autres (encadrants, collègues, etc.), peur de rechuter, peurs multiples liées à la perte de confiance en leurs capacités professionnelles après un arrêt de travail vécu comme un échec.
Le retour à l'emploi ne pourra donc être envisagé que progressivement, après une visite de pré-reprise auprès du médecin du travail, et avec un accompagnement du travailleur voire de l'équipe de travail et du manager. Le coaching professionnel peut être une aide au retour du travailleur et à sa reconstruction personnelle et professionnelle.
A son retour, le travailleur en doit pas retrouver un cadre de travail identique. Cela pour éviter tout risque de rechute. Une réflexion doit menée collectivement avec les différents acteurs de l'entreprise et le travailleur afin de changer l'organisation de travail et examiner les possibilités de réorienter l'activité ou l'opportunité de redéfinir un nouveau projet professionnel.



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