Burnout : Guide d'aide à la prévention (2/4) Les facteurs à risque ?
- Actnbe

- 25 janv. 2017
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 19 déc. 2019
Cet article regroupe des extraits du guide "Le syndrome d'épuisement professionnel ou burnout". Auteurs : INRS, Anact, DGT.

Le syndrome d'épuisement professionnel provient de la rencontre entre un individu et une situation de travail dégradée. il peut s'expliquer à la fois par des caractéristiques liées au travail et à l'individu. Les premières dépendent de l'entreprise, de la structure privée ou publique, sur lesquelles il est possible d'agir en prévention.
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à l'émergence du burnout. ils ont fait l'objet d'une classification en six axes par le collège d'expertise sur le suivi statistique des RPS.
Les exigences au travail (intensité et temps de travail) : l'intensité et la complexité du travail se traduisent notamment par des délais et objectifs irréalistes ou mal définis, des interruptions fréquentes, une quantité de travail et des horaires excessifs. L'importance de la charge de travail est déterminante dans ce facteur de risque et son appréciation l'est aussi. De quel outil dispose le manager pour apprécier de l'adéquation entre objectifs et moyens mis à disposition du salarié ? La charge de travail est plus large q'une simple prescription : il y a la charge réelle qui rend compte du travail accompli, mais aussi la charge subjective qui dépend du vécu de chacun. D'où l'importance d'arriver à construire une vision partagée de ce qu'est la charge de travail.
Exemple:
Dans un service de soins, une aide soignante déclare qu'elle "doit tout faire pour le malade". Cette phrase marque l'engagement dont elle fait preuve dans son travail, de son éthique et des valeurs que son métier représente pour elle. Elle vient à son travail pour soigner. Et elle ferait tout pour soigner. Seulement, et même si on le souhaite, on ne peut jamais "tout" faire. Alors il faut faire des choix. Et une aide-soignante ne peut pas gérer ces chois seule, il faut définir collectivement ce qui peut être fait, il faut définir au regard des moyens de l'équipe en quoi consiste une prise en charge de qualité pour tel ou tel patient (en fixant collectivement des objectifs qualitatifs, par exemple). En redéfinissant, en clarifiant les rôles, les tâches, les objectifs, on répartit la charge réelle de travail. En établissant et en partageant collectivement ces représentations, ces modes opératoires, on régule la charge subjective de travail.
A noter aussi que les difficultés de conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle ont également des répercussions sur la santé des travailleurs.
Les exigences émotionnelles : certaines relations avec le public peuvent s'avérer émotionnellement exigeantes pour le travailleur (clients venant faire valoir leur mécontentement, propos insultants, humiliants, devoir sourire face à un client désagréable, etc.).
Le manque d'autonomie : de faibles marges de manoeuvre dans la manière de faire son travail et des contraintes de rythme de travail auxquelles le travailleur ne peut se soustraire. Toutefois, accorder une certaine autonomie ne signifie pas donner des objectifs flous et laisser les travailleurs "se débrouiller".
Les mauvais rapports sociaux et relations de travail : la qualité des rapports sociaux et des relations au travail reposent sur :
La clarté des objectifs et des tâches à accomplir
L'existence d'un collectif de travail et la solidarité entre collègues
L'expression des travailleurs
L'absence de violence en interne
La reconnaissance des efforts déployés et de la qualité du travail
Le rôle de l'encadrement de proximité
Les conflits de valeur et la qualité empêchée : perdre le sens de son travail ou ne pas en trouver, avoir l'impression de faire un travail inutile, peuvent être provoqués ou amplifiés par le fait de ne pas pouvoir échanger avec les collègues ou l'encadrement sur les objectifs et les manières de faire son travail.
L'insécurité de la situation de travail : Il s'agit de l'insécurité socio-économique liée à la peur de perdre son emploi, aux retards dans le versement des salaires, à la précarité d'un contrat, etc., mais aussi du risque de devoir faire face à des changements non maitrisés liés à l'incertitude sur l'avenir de son métier, la peur de devoir changer de qualification ou de métier sans y être préparé, etc.
En ce qui concerne les caractéristiques du burnout liées à l'individu, les études montrent que les traits de personnalité jouent un rôle dans la survenue de l'épuisement professionnel, comme c'est le cas du stress au travail. On peut citer le lien entre ce syndrome, l'instabilité émotionnelle (tendance à percevoir, ressentir, construire, les évènements comme menaçants, pénibles et problématiques) et le caractère consciencieux (être méthodique, organisé, soigné, méticuleux, persévérant, etc.). Ces éléments ne réduisent en rien l'influence des facteurs de RPS liés au travail dans l'émergence du burnout.
Un autre aspect individuel à prendre en compte est l'importance de primordiale du travail dans la vie et l"identité de l'individu (sens donné au travail, valeurs qu'il véhicule). Le syndrome d'épuisement professionnel s'observe chez les travailleurs fortement investis et, la plupart du temps, appréciés dans leur travail tant au niveau technique que relationnel.
Comme pour l'ensemble des RPS, les causes (sur lesquelles il est possible d'agir en prévention dans l'entreprise) sont donc à rechercher dans l'organisation, l'environnement et les relations de travail.



Commentaires