L'art des stratagèmes
- Actnbe

- 28 nov. 2017
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Dernière mise à jour : 10 déc. 2019

"Chacun de nous, dit un proverbe chinois, va se coucher chaque nuit auprès d'un tigre. On ne peut savoir si au réveil, il voudra nous lécher ou nous dévorer. C'est une belle image de la relation que nous avons avec nos propres limites." (Giorgio Nardone, "Chevaucher son tigre").
Giorgio Nardone, psychothérapeute et psychologue italien, est l'un des principaux représentants de la thérapie brève stratégique, dans la lignée de l'école de Palo Alto. Dans son livre "Chevaucher son tigre", il nous enseigne différents stratagèmes pour arriver à nos fins. Pour lui, ce n'est pas parce qu'un problème est compliqué, qu'il faut s'acharner à rechercher une solution compliquée. A ce propos, Blaise Pascal conseille de "traiter les choses simples comme si elles étaient compliquées et les choses compliquées comme si elles étaient simples."
Les trois typologies d'arts traditionnels sur lesquels se base l'auteur sont l'art de la sagesse pragmatique, l'art de la guerre et l'art de la persuasion.
L'art du pragmatisme venu de la Grèce antique, représentant l'astuce et l'audace, se veut libre de tout préjugé. Peu importe la solution, qu'elle soit irrationnelle, imaginaire, ne répondant à aucune vérité absolue...tant qu'elle fonctionne, c'est ce qui importe finalement. Alexandre le Grand, par exemple, réussit à mener à la victoire des troupes cinq fois inférieures à celles des Perses. Il réussit en mettant ses propres hommes dans une situation sans retour. Il fait bruler leurs navires de sorte que s'ils voulaient rentrer chez eux, ils devaient conquérir les bateaux ennemis.
L'art de la guerre, sagesse chinoise antique, est souvent mal compris car souvent interprété comme étant le fruit des fanatiques de la violence. Le maître Sun-Tzu, dans son célèbre livre "L'art de la guerre" (écrit au IV-Vè siècles avant J.C. et véritable guide de référence auprès des managers et dirigeants) affirme que "le meilleur combattant est celui qui est capable de vaincre sans combattre". Cet art prône l'efficacité et l'efficience. Il s'agit de se focaliser uniquement sur ce qui est nécessaire pour produire le changement désiré. Rien de plus. Aucun gaspillage d'énergie. Savoir combattre rend à tel point sûr de soi et capable de gérer le rapport avec l'adversaire que l'on réussit la plupart du temps à atteindre son but sans en arriver à l'affrontement physique ou armé.
Quant à l'art de la persuasion, il est présent dans toutes les relations humaines, que ce soit de façon consciente ou non. Ce qui fait la différence, ce sont le degré d'influence et le fait que l'on subisse le processus ou qu'on en soit l'acteur. En d'autres termes, puisque les processus de persuasion sont inévitables dans les interactions humaines, il devient décisif de pouvoir les utiliser efficacement. Pour Aristote, si l'on veut persuader son interlocuteur, il faut emprunter ses arguments.
Les stratagèmes tels que les décrits Nardone sont bel et bien applicables au monde de l'entreprise et également au champ interpersonnel. En voici deux exemples :
- Silloner la mer à l'insu du ciel :
Faire quelque chose qui produise des effets évidents sans que votre action soit remarquée permet d'éviter les résistances au changement que vous voulez déclencher.
- Pour redresser une chose, il faut d'abord apprendre à la tordre davantage :
Dans l'art du combat, l'étude des stratégies qui ont échoué se montre bien plus utile que celle des stratégies victorieuses, puisqu'elle vous apprend ce qu’il faut éviter pour gagner.
Le livre regorge d'autres stratagèmes étayés de riches explications. Vous trouverez toujours un lien avec les trois typologies d'art traditionnels présentés en début d'article.
J'espère que ces stratagèmes vous ouvriront de nouveaux champs de réflexions. Bonne lecture !



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