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Une petite histoire pour dépasser vos blocages ?

  • Photo du rédacteur: Actnbe
    Actnbe
  • 3 oct. 2017
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 10 déc. 2019


Quoi de plus original qu'une thérapie faite à l’aide d'histoires contées par son psy ? Jorge Bucay, célèbre auteur à succès argentin, psychiatre et psychothérapeute, dans son livre « Laisse-moi te raconter…les chemins de la vie » nous livre les échanges de séances de psychothérapie avec son patient Damièn sous forme d’histoires.

Le livre est une pure merveille, il se lit très facilement et chaque histoire est unique et poétique. Un confrère me l’a recommandé (merci Renaud !) et je n’ai pas hésité à vous le faire découvrir également. Je vous partage ici une des histoires qui s’intitule « Deux pointures en dessous ». L’auteur veut nous mettre en garde contre une croyance forte que beaucoup d’entre nous tiennent pour vrai et qui est la suivante « On n’accorde de valeur qu’à ce qu’on obtient par l’effort ». En voici l’histoire.

Un homme entre dans un magasin de chaussures, et un aimable vendeur s’approche de lui : « En quoi puis-je vous être utile, monsieur ?

- Je voudrais une paire de chaussures noires comme celles qui se trouvent en vitrine.

- Bien, monsieur. Voyons : la pointure que vous cherchez doit être…du quarante et un…c’est bien ça ?

- Non. Je voudrais du trente-neuf, s’il vous plaît.

- Pardonnez-moi, monsieur. Il y a vingt ans que je fais ce métier et vous chaussez sûrement du quarante et un. Du quarante à la rigueur, mais sûrement pas du trente-neuf.

- Je voudrais du trente-neuf.

- Si je peux me permettre, puis-je mesurer votre pied ?

- Mesurez ce que vous voudrez, mais c’est une paire de chaussures de taille trente-neuf que je veux. »

Le vendeur sort du tiroir cet étrange appareil qu’utilisent les chausseurs pour mesurer les pieds et, avec satisfaction, s’exclame :

« Vous voyez ? C’est bien ce que je disais. Vous chaussez du quarante et un !

- Dîtes-moi : qui va payer ces chaussures, vous ou moi ?

- Vous.

- Et bien, dans ce cas, apportez-moi une paire en trente-neuf. »

Le vendeur, mi-figue, mi-raisin, va chercher la paire de chaussures en trente-neuf. En chemin, il prend conscience de la réalité : cet homme n’achète pas ses chaussures pour lui, mais sûrement pour faire un cadeau.

« Monsieur, les voilà : elles sont du trente-neuf. Et noires.

- Pouvez-vous me prêter un chausse-pied ?

- Vous allez donc les mettre ?

- Oui, bien sûr.

- Elles sont pour vous ?

- Oui ! Vous m’apportez un chausse-pied ?

Le chausse-pied est indispensable pour faire entrer ce pied dans cette chaussure. Après plusieurs tentatives et des positions ridicules, le client parvient à enfiler tout son pied dans la chaussure.

Entre des « aïe » et des grognements, il fait quelques pas sur le tapis, de plus en plus difficilement.

« C’est bien, je les prends. »

Le vendeur a mal aux pieds rien qu’à imaginer les orteils du client écrasés à l’intérieur de ces chaussures trop petites.

« Je vous les enveloppe ?

- Non, merci. Je les garde aux pieds. »

Le client sort du magasin et, tant bien que mal, parcourt les trois pâtés de maisons qui le séparent de son travail. Il est caissier dans une banque.

A quatre heures de l’après-midi, après avoir passé plus de six heures debout dans ces chaussures, il a le visage défait, les yeux rouges, et les larmes coulent abondamment de ses yeux.

Son camarade de la caisse voisine, qui l’a observé tout l’après-midi, s’inquiète de sa santé.

« Que t’arrive-t-il ? Tu te sens mal ?

- Non, ce sont mes chaussures.

- Qu’est-ce qu’elles ont, tes chaussures ?

- Elles me serrent.

- Que leur est-il arrivé ? Elles ont été mouillées ?

- Non. Elles sont de deux pointures en dessous de la mienne.

- A qui sont-elles ?

- A moi.

- Je ne comprends pas. N’as-tu pas mal aux pieds ?

- Horriblement mal.

- Et alors ?

- Je t’explique, dit-il en avalant sa salive. Je n’ai pas de grandes satisfactions dans la vie. En réalité, ces derniers temps, je connais peu de moments agréables.

- Eh bien ?

- Ces chaussures me martyrisent. Je souffre terriblement, c’est certain… Mais dans quelques heures, quand j’arriverai chez moi et les enlèverai, imagines-tu le plaisir que je vais éprouver ? Quel plaisir, mon vieux ! Quel plaisir ! »

 
 
 

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